Le covoiturage en Béarn, ça roule !

Un nouvel article de la PQR sur une réussite locale. Cette fois-ci, nous sommes dans le Béarn, avec la République des Pyrénées !

En raison de la crise et de la prise de conscience écologique, le covoiturage fait de plus en plus d’adeptes en Béarn.

Moins de fatigue, plus d’économies et parler à quelqu’un c’est quand même mieux que râler seule dans un embouteillage ». Valérie part tous les matins de Pardies avec deux collègues pour aller travailler à Pau. « On a des enfants en bas âge, alors le matin, c’est celle qui a le mieux dormi qui prend le volant ».

« Ma compagne est à Clermont. Aller en train là-haut c’est onze heures de trajet. Je me suis branché sur un site de covoiturage et je divise les frais par trois » témoigne Olivier qui fait l’aller-retour deux à trois fois par mois. « Ma première motivation était d’amortir mes déplacements, 160 à 170 euros le voyage aller-retour. Mais à l’usage, j’ai rencontré des gens, l’ambiance est sympa et le temps passe plus vite sur la route » explique ce convaincu qui salue la qualité des sites de covoiturage sur Internet. « Le prix du trajet est défini sur le site. Après le contact sur la toile, j’ai un contact téléphonique avec la personne pour mieux se connaître car je ne veux pas être emm… dans ma voiture. J’ai croisé une cinquantaine de personnes et je n’ai jamais eu de problèmes » se félicite-t-il.

2 000 utilisateurs sur le site du conseil général

Ces sites de covoiturage se multiplient. Dans le département, le conseil général a lancé le sien il y a plus de trois ans. « Aujourd’hui, il y a plus de 560 trajets proposés et plus de 2000 utilisateurs réguliers » se félicite Michel Maumus, chargé du dossier au Département. « Le site est de plus en plus connu. La crise et la prise de conscience écologique ont contribué à favoriser ce mode de déplacement. Et la récente flambée des carburants accentue le mouvement » constate-t-il.

Initialement dédié au travail en priorité, le covoiturage s’étend aux loisirs. « On l’a vu pour les championnats de surf ou le rallye des Cimes, de nombreuses personnes sont venues par ce moyen » constate Michel Maumus.

Dans les entreprises et les collectivités, on s’organise également pour se rendre au travail à moindre coût. À Pau par exemple, la Communauté d’agglomération met au point un plan de déplacement pour ses employés pour faciliter les « transports doux » (bus, vélo, covoiturage, etc.). Idelis fait de même.

Plébiscité par les femmes

Il est vrai que la formule n’a que des avantages. Économies substantielles, moins de pollution, rencontres et convivialité lors du voyage, fatigue atténuée et pourquoi pas moins d’embouteillages. L’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) affirme qu’une réduction de 4 % du nombre de voitures en circulation permettrait de passer d’une situation d’embouteillage à un trafic fluide.

Autre avantage trouvé par les adeptes du covoiturage, une certaine sécurité. Alors que l’auto-stop semble passé de mode et fait peur surtout aux femmes, ces dernières sont parmi les plus mordues du covoiturage. « J’ai été surpris par le succès du covoiturage auprès des filles » témoigne Olivier. « À 90 %, j’ai des passagères. Elles sont rassurées parce que les conducteurs mettent leur profil sur le site, qu’il y a un contact téléphonique après et en prime un site d’évaluation sur la conduite, la ponctualité, etc. J’ai même été témoin de la naissance d’une idylle lors d’un covoiturage » affirme Olivier. Si en plus l’amour s’en mêle…

>> Laisser sa voiture, oui, mais où ?

Le covoiturage pose le problème des parkings où peuvent être laissées les voitures pour la journée.

Le covoiturage a un effet pervers. A l’entrée de l’A64 à Pau nord, le parking est saturé tous les jours. On se donne rendez-vous là pour repartir à plusieurs dans une seule voiture. Et les autres véhicules sont abandonnés pour la journée. À Aire-sur-Adour, la municipalité a organisé un parking dédié au covoiturage à la sortie nord de la ville.

A Pau, Martine Lignières-Cassou a un projet : « En même temps que nous allons installer le photovoltaïque sur le parking du Zénith, nous allons sécuriser l’espace et ce parking pourra servir à terme pour le covoiturage » explique-t-elle. Un contrat passé entre ASF, l’État et le Département devrait également déboucher sur la réalisation d’un parking près de l’échangeur A64-A65 à Lescar.

Au Conseil général, on potasse le sujet aussi. « Le Département recense les zones en bordure de départementales qui pourraient servir de parkings » explique Michel Maumus. Le Département veut également démarcher les zones industrielles pour trouver des solutions ainsi que les communautés d’agglomération pour trouver des zones de stockage urbain ou périurbain. « Nous voulons identifier ces aires de covoiturage avec des logos spécifiques et les sécuriser » précise Michel Maumus qui voit d’autres développements au covoiturage. « On peut sophistiquer le système avec les agglomérations en couplant le covoiturage avec des transports publics pour accéder dans les centres-villes » prédit-il.

En attendant ces aires promises, la débrouille reste la règle. Mais après tous, les premiers adeptes de l’auto partagée s’en sont toujours arrangés.

>> REPERES

Internet a changé nos vies. Pour le covoiturage aussi, la toile est devenue incontournable pour trouver des trajets ou des passagers. Preuve que le covoiturage a le vent en poupe, les sites se multiplient. Le conseil général a installé le sien il y a bientôt quatre ans. Son adresse : covoiturage64.fr

De nombreux autres sites existent. envoiture.fr revendique 400 000 trajets et 1,5 million d’inscrits. covoiturage.fr est l’un des plus connus. Avis, évaluation, bons plans, trombinoscope, ces sites cherchent à sécuriser au maximum le covoiturage en proposant des tarifs et en mettant à disposition de tous les remarques et les évaluations sur les conducteurs. Beaucoup de réactions féminines où revient le plus souvent la ponctualité, la prudence au volant et la convivialité lors du trajet. On peut aussi citer easycovoiturage qui s’adresse plus aux collectivités et entreprises. Ce site travaille par exemple avec le département des Landes, la ville de La Rochelle ou le Crédit Agricole. 123envoiture.com, Sitocar, carvoyage sont également quelques adresses proposant des trajets. Certains sites concluent également des partenariats avec des autocaristes pour des voyages longue distance. Et on peut s’attendre à de nouvelles initiatives pour pouvoir continuer à voyager malgré la crise et la flambée des prix des carburants.

DynamicsAuto

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