« Partagez » : un nouveau leit-motiv

On est jeudi, il est 8 heures du matin. Sur l’I-Phone de Nancy Tcheou, une notification s’affiche. Une carte du centre-ville de San Francisco s’ouvre. Un point clignotant indique l’endroit où l’attend un homme qu’elle n’a jamais rencontré, Zach Lagod. La voiture de Nancy est facile à repérer. Son pare-choc est orné d’une énorme paire de moustaches roses… Dès qu’il la voit, Lagod salue Nancy par son prénom. De même, elle lui dit bonjour. Lagod s’installe sur le siège avant, aux côtés de la jeune fille. Ils discutent, et en moins de quinze minutes, Lagod est arrivé à la gare où il doit prendre un train.

Lagod n’est pas un ami de Nancy et Nancy n’est pas chauffeuse de taxi. Chômeuse âgé de 25 ans, elle a du temps et une voiture dont elle a fait le plein. Aussi a-t-elle décidé de rejoindre une communauté d’autopartage, Lyft… Souvenez-vous en, nous vous avions exposé le concept dans un article précédent…

Lyft est – rappelons-le – une toute nouvelle start-up qui vient de lancer son activité : un réseau social en ligne disponible sur smart-phone, qui permet aux internautes de partager dans le monde réel. Là il s’agit d’autopartage ; mais de nombreux autres sites ou applications peuvent vous offrir la possibilité d’emprunter des outils à vos voisins, de louer une voiture à un inconnu ou d’embaucher quelqu’un facilement pour nourrir votre chien.

 

Une nouvelle pratique émerge peu à peu, tendant à modifier pour de bon notre quotidien. On pourrait l’appeler « consommation collaborative ». AirBnB est l’un des premiers sites à avoir inauguré ces pratiques. Ce site permet aux gens de louer leur maison ou leur appartement pendant leurs vacances à des touristes. Depuis sa création en 1998, près de 10 millions de nuits ont été réservées dans 192 pays. L’an dernier, cette entreprise a généré des bénéfices s’élevant à près de 60 millions de dollars.

 

De plus en plus, les consommateurs prennent conscience de ce qu’ils peuvent offrir…et du gain que cela peut représenter en retour – un siège vide dans la voiture, un vélo dans le garage, une place de parking inutilisée, une tronçonneuse peu sollicitée, ou simplement un peu de temps disponible…

Tous se mettent à partager, à emprunter, à louer.

Rachel Botsman vient de publier un ouvrage consacré à cette nouvelle tendance, Mine is Yours : the Rise of Collaborative Consumption. « Je peux louer une voiture, je peux partager mes compétences. Je n’ai pas besoin de m’acheter une robe de designer hors de prix, je peux en louer une ! », ainsi caractérise-t-elle les motivations de ces nouveaux partageurs. « Il y a un gigantesque processus de transformation des pratiques de consommation à l’œuvre aujourd’hui. Le « moi » de l’hyper-consommation se mue peu à peu en un « nous », plus adapté à une culture de partage et de consommation collaborative. »

L’internet et les nouvelles technologies dont bénéficient les smart-phones tendent à accélérer la tendance. Plus de 78 % des consommateurs américains interrogés se disent davantage prêts à partager leurs biens avec des inconnus dès lors qu’ils peuvent les contacter via un réseau social en ligne. La technologie du smart-phone vous permet de localiser des gens qui, près de chez, peuvent vous aider aussitôt que vous en avez besoin ! Ajoutons à cela une conscience grandissante des méfaits de la surconsommation, de ses impacts écologiques, et l’on ne s’étonnera plus que la demande ne fasse qu’augmenter… Et vous, vous partagez ?

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2 réflexions sur “« Partagez » : un nouveau leit-motiv

  1. Pingback: Zipcar racheté par Avis : le carsharing, échec ou succès ? « Le blog des nouvelles mobilités et du covoiturage

  2. Peut-on parler pour cet exemple d’autopartage, ce n’est à mon avis qu’une offre de taxi dérégulée …à priori à moindre coût, n’offrant aucune garantie de bonne fin ou de traçabilité et qui suppose des moyens de communication modernes (tel).
    Au delà du côté sympathique et de l’aspect relationnel que permet l’échange entre les participants de la « communauté », ne va-t-on pas exacerber les tendances au consommer-toujours-plus, comme ça s’est fait avec le developpement de la grande distribution ou le hard discount ? peut-être même au détriment des transports en commun, c’est une tendance qui est prégnante aussi pour le covoiturage.
    Bien sûr ça peut permettre de ne plus avoir de voiture en comptant sur les disponibilités des automobilistes d’où l’impact écologique (moins de voitures, moins de parkings ..), mais dans l’autopartage traditionnel il est généralement admis que les autopartageurs participent à la définition du service, les modalités, les conséquences (par exemple en cas d’accident responsable …), on peut véritablement parler de partage de besoins et d’attentes.
    Alors que là c’est de la consommation certes moins individuelle mais que de la consommation ….collaborative ?? quelques règles de comportement sûrement et un rapport qui n’est pas seulement marchand

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