Tour d’horizon des services de covoiturage régionaux

Classique
De nombreuses régions ont déjà mis en place ce type de service. Ils se concentrent sur les trajets pendulaires type domicile-travail. Des applications pour smartphones sont disponibles. Elles servent à se géolocaliser et à trouver des covoitureurs près de soi. On approche du covoiturage dynamique mais on ne peut toujours pas prendre un covoiturage en cours de route et en direct, les trajets se réservent à l’avance.
Exemples : Mobigo-bourgogne, Covoiturage.poitou-charentes, Covoiturage-regionpaca

Longues distances
Covoiturage-basse-normandie, en plus des trajets quotidiens, permet de prévoir des trajets plus exceptionnels, sur de plus longues distances en dehors de la région. De plus, le site propose une garantie retour, au cas où le conducteur qui vous a emmené ne puisse pas vous ramener. Attention, tout de même, puisque cette garantie n’est utilisable que trois fois par an et dans un rayon de trente kilomètres autour de votre domicile.

Le covoiturage dynamique
Cette option est plus difficile à mettre en place mais plus pratique pour les usagers. Elle repose sur l’utilisation de technologies de géolocalisation. Le covoiturage dynamique permet de synchroniser en temps réel la demande et l’offre en matière de covoiturage. On s’organise sur le moment en fonction de sa position et de celle des autres covoitureurs. Le covoiturage dynamique évite aussi l’échange d’argent entre les usagers en incluant un système de paiement en ligne.
Les exemples sont peu nombreux : Ecovoiturage.itinisere, Covoiturage-dynamique.eu

Senior Mobilité : taxi partagé pour personnes âgées

Une belle initiative, solution économique et éco-responsable qui vise à améliorer la mobilité des personnes âgées à faible revenu, a remporté au début du mois le trophée « Coup de cœur » de la Nuit du Grand Âge.

Cette initiative, c’est Senior Mobilité lancée par Citizen Mobility. Le principe est simple : un taxi pour au moins deux personnes âgées. C’est moins cher que de voyager seul, l’impact écologique est limité et on ne rajoute pas de véhicules dans un trafic déjà saturé. Pour rendre l’opération possible, Citizen Mobility a conclut un accord avec Alpha Taxis, dont le réseau de 1400 taxis indépendants dessert Paris et la région parisienne.
Pour les trajets de courte distance à pied ou en métro, Senior Mobilité prévoit aussi un accompagnement avec à l’association partenaire Les Compagnons du Voyage.

L’offre est viable grâce à un modèle économique hybride. Une partie de son financement est assuré par le système de taxis partagés lancé par Citizen Mobility en novembre 2011 pour les entreprises, collectivités et particuliers. Senior Mobility, qui se destine aux personnes âgées à faible revenu, est aussi un moyen de palier à la solitude. Guillaume Mathieu, co-fondateur de Citizen Mobility souligne que « Senior Mobilité crée du lien social leur permettant d’entretenir leur forme physique et leur moral. Un enjeu de taille lorsque l’on sait qu’à Paris, 30 % des plus de 75 ans sont dépendants. »

 

Plus d’information sur www.seniormobilite.fr

Autolib’ : fausse bonne idée ?

 

Autolib’, c’est un parc de voitures électriques en libre service disponibles, depuis le 5 décembre dernier, dans 250 stations en Ile de France. Le principe à fait des émules : des villes comme Lyon, Nice et même Amsterdam possèdent leurs propres services de location. L’idée, lorsque les premières voitures ont été mises à disposition, était de désengorger le trafic dans la capitale, de réduire le nombre de voiture particulières au profit de ces petites autos électriques. Et puisqu’elles sont électriques, elles devaient aussi améliorer la qualité de l’air parisien.

 

Les usagers sont-ils satisfaits ?

 

« Oui » 

Les adeptes sont déjà nombreux puisqu’un mois après son lancement, la mairie de Paris comptait plus de 7200 abonnés. Avec seulement 309 voitures en service, mieux vaut ne pas oublier de réserver. Les usagers devraient être comblés avec une promesse de 3000 véhicules en service et 1100 stations d’ici la fin de l’année.

 

« Non »

Pour les commerçants et les automobilistes, Autolib’, ça prend de la place. Ca prend aussi des places de parking qui ont été réservées aux Bluecars. Et puis les stations en construction, ça fait des travaux devant les commerces et sur le bord de la chaussée.

Les plus en colère sont encore les chauffeurs de taxis et les loueurs de voitures, pour qui les Autolib’ sont des concurrentes directes.

 

Et l’écologie alors ?

Dès l’inauguration, Europe Ecologie Les Verts s’insurge. Selon eux, le projet serait « faussement écologique ». Pourquoi ? En pratique, les voitures Autolib’ s’ajoutent aux voitures qui circulaient déjà dans Paris. Pour réduire leur nombre, c’est raté. De plus, il faut recharger souvent les batteries des Bluecars qui n’ont que 250km d’autonomie.

 

Aux États-Unis, la consommation d’essence diminue de semaine en semaine

Les conducteurs américains ont réduit leur consommation de carburant chaque semaine en 2011.

Pendant ces cinquante deux semaines, la consommation de carburant à diminué de 4,2 milliards de gallons, soit 3 %, selon MasterCard SpendingPulse. Le déclin est plus important sur la durée que celui qu’on a pu observer pendant la récession.

La principale raison de cette baisse est l’augmentation des prix du carburant. La moyenne nationale pour un gallon d’essence est 3,89$. C’est le prix  le plus élevé enregistré cette année et les experts disent qu’il pourrait aller jusqu’à 4,25$ fin avril. Pour faire face à ces hausse de prix, les Américains ont dû faire quelques concessions en partant en vacances moins loin par exemple.

Le déclin dans la consommation d’essence est aussi le signe que les efforts fournis pour encourager les constructeurs à produire des voitures moins gourmandes en énergie ont payé. En moyenne, une voiture neuve parcours environ 24 miles avec un gallon de carburant. Il y a quatre ans, cette moyenne était de 20 miles par gallon selon l’Institut de recherche en transports de l’Université du Michigan. Ken Medlock, un expert qui travaille à l’Institut, assure que le phénomène devrait se poursuivre : « Je m’attend à constater une diminution de la quantité de carburant consommée dans les prochaines années. »

 

Ce n’est pas la première fois que les Américains boudent la pompe à essence. En 2008, le prix du carburant est passé de 3,04$ à 4,11$ le gallon en sept mois.
« Le pic de 2008 à été un choc pour le système. Il a toujours un impact résiduel sur le comportement des conducteurs. » élude Medlock. Le chercheur pense que la croissance économique sera trop modeste par rapport à l’augmentation des prix du pétrole pour que les Américains recommencent à consommer du carburant sans compter.

Les économistes prévoient une croissance de 2,5 % pour les États-Unis sur l’année 2012. Dans le même temps, le gouvernement estime que le prix moyen affiché dans les stations sera de 3,79$ par gallon.

 

« Les nouvelles mobilités dans les territoires périurbains et ruraux »

« Les nouvelles mobilités dans les territoires périurbains et ruraux », c’est le titre du rapport du centre d’analyse stratégique (CAS) paru le mois dernier. Le CAS y poursuit ses précédentes recherches, observations et réflexion sur la mobilité en dehors de la ville.

Plus de la moitié de la population métropolitaine habite en zone périurbaine ou rurale. Or, il y a de moins en moins de services de proximité, de centres commerciaux dans ces zones où les transports collectifs ne peuvent assurer qu’un service limité. Les habitants sont ainsi fortement dépendants de leurs véhicules personnels.

Et le constat, aujourd’hui, est que la voiture n’est pas un système durable :
Trop polluante. Nos émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 20 % depuis 1990 et le nombre de voitures en circulation a doublé ces trente dernières années.
Trop cher. La voiture personnelle à un coût et celui de l’énergie ne cesse d’augmenter.
Trop discriminante. Tout le monde ne peut pas utiliser la voiture, et si elle est indispensable en milieu rural, certaines catégories de la population vivent une forme d’exclusion : les handicapés, les personnes âgées, les enfants, les adolescents et, naturellement, les ménages les plus défavorisés.

L’enjeu est de réussir à trouver une alternative aux véhicules personnels sous la forme d’un service à prix raisonnable et qui soit accessible au plus grand nombre.
Aujourd’hui, les gens sont prêts à partager ou louer leur voiture. C’est vers ce type de solutions que se tourne le rapport du CAS. Les moteurs peu gourmands en énergie ne sont pas encore considérés comme une alternative durable à cause, notamment, de leur prix élevé.

L’étude tire des conclusions et surtout expose cinq recommandations d’évolution des transports :
1 – Aider les communautés de communes et les agglomérations, ainsi que les pôles
d’activité qui le souhaitent (universités, centres commerciaux…), à définir des
stratégies de mobilité adaptées à leur territoire, en partant de la compréhension
locale des flux de déplacements et s’intégrant dans le cadre du schéma
départemental de transport et de ses liaisons avec les pôles urbains voisins.
2- Apporter à l’usager une information en temps réel, afin qu’il puisse organiser ses
déplacements en combinant les transports collectifs et individuels (marche à pied,
deux-roues, voiture personnelle ou partagée).
3- S’appuyer sur l’information numérique pour développer le partage de la voiture et
notamment des solutions de covoiturage sécurisées reposant sur un tiers de
confiance et un suivi géolocalisé du déplacement.
4- Coordonner les services de transport collectif entre eux, avec des rabattements
performants vers des stations de transport collectif (itinéraires cyclables, parkings
de covoiturage), pour une chaîne de transport porte à porte efficace ; affecter à ces
rabattements environ 10 % des dépenses annuelles de voirie.
5- Limiter les distances parcourues par les professionnels des services à la personne
(commerces, santé, loisirs, etc.) en les incitant à coordonner leurs déplacements,
leurs livraisons ou le transport des personnes qui les sollicitent.

Ainsi, nous devons envisager non pas une solution mais un ensemble de mesures qui permettrait de changer à long terme le mode de déplacement des habitants de zones périurbaines et rurales.
Les conclusions du rapport du CAS, optimistes, vont dans ce sens. Covoiturage dynamique, utilisation de nouvelles technologies de la communication, moteurs électriques ou hybrides et surtout initiatives locales sont les acteurs qui compteront le plus dans l’évolution vers une mobilité plus responsable.