L’expérimentation Ecovoiturage en Isère : 3 mois après

Retour sur le déploiement, le 2 avril dernier, du service Écovoiturage en Isère sur les axes Crolles/Grenoble et Bourgoin-Jallieu/Lyon. Basée sur l’utilisation de smartphones et d’Internet avec la technologie Covivo, cette expérimentation de covoiturage en temps réel fait suite à une première expérience dans le Vercors. Yvan Martinod, chef de projet Écovoiturage au Conseil général de l’Isère dresse un premier point d’étape après 3 mois d’activité.

Quelques mois de promotion du covoiturage dynamique pèsent certes peu par rapport à plusieurs décennies de prépondérance  de la voiture individuelle et de la culture de liberté qui y est associée. Les modèles sociaux et culturels imprègnent fortement le rapport à l’automobile et aux déplacements, pourtant, au niveau local, certaines pratiques évoluent dès lors que l’innovation proposée correspond à un réel besoin. C’est le cas de l’Écovoiturage : les freins sociaux sont nombreux qui apparentent le covoiturage au stop et qui l’assimilent à une contrainte. Finir tard le soir, travailler avec des horaires flexibles, écouter de la musique, récupérer les enfants… autant d’éléments en définitive compatibles avec le covoiturage, surtout s’il est dynamique ! Lire la suite

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L’alternative Zipcar

Alors que les acteurs et entreprises du covoiturage sont encore peu connus du grand public, Zipcar connaît une notoriété croissante au-delà de nos frontières. L’entreprise américaine est effet leader dans le service d’autopartage et de covoiturage, remportant un succès grandissant aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni et ce, dans une cinquantaine de villes. Que ce soit pour économiser sur le budget transports ou pour éviter des tracas logistiques, la solution Zipcar s’appuie sur les technologies de l’information et de la communication : réservation en ligne ou via un smartphone, carte magnétique permettant l’utilisation des véhicules quelque soit la région du monde. Une simplicité d’utilisation qui répond aux besoins de bien des urbains, à la recherche de solutions flexibles pour éviter l’achat d’une voiture (voire d’une seconde voiture) qui resterait inutilisée les quatre cinquièmes du temps.

Les images qui suivent sont celles que les habitués du Tube ont pu découvrir au début du mois de mai. Cette campagne a animé le métro londonien par ses visuels colorés qui illustrent divers besoins de solutions d’autopartage ou de covoiturage comme déplacer un objet encombrant ou partir en week-end au vert. Posséder son propre véhicule n’est plus un préalable aux déplacements intelligents, disent en substance ces images.

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Nouvelles mobilités et consommation collaborative

Service et infrastructure sont deux notions-clé dans la problématique des nouvelles mobilités et l’on pourrait croire que les solutions innovantes passeraient toutes par un processus de développement de lignes ou de plateformes. Et si l’on pensait collaboration et amélioration de l’existant ? Comme le soulignait dernièrement Christian Proust, Président du Syndicat mixte des transports en commun du Territoire de Belfort, les moyens financiers nécessaires à la création de nouvelles infrastructures correspondant aux besoins futurs  de déplacement dépassent les capacités financières des pouvoirs publics.

Sur le territoire de Belfort, l’option retenue est celle de réfléchir à partir des attentes précises de l’usager, en utilisant des outils statistiques fins permettant une compréhension précise des déplacements – leur quantité, leur fréquence, leur objectif. Cette approche « matrice » implique de revoir la logique de propriété au profit de l’usage, d’où des économies substantielles pour les ménages comme pour l’Etat et les collectivités territoriales.

Ces réflexions sont à replacer au sein des débats sur la consommation collaborative et l’économie du partage où les questions de mobilité partagée ont toute leur place. Dans Vive la corévolution d’Anne-Sophie Novel (à paraître le 23 mai), l’accent est mis sur le passage d’une société de l’accumulation et de la propriété vers un monde du partage et de l’accès. L’idée est notamment de mettre en avant les marges de manoeuvre de l’usager automobile dans un contexte d’appréciation du prix du carburant et de congestionnement accru des axes de circulation.

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La coordination des nouvelles mobilités par les collectivités, nécessité et applications

Crédit photo : Transpole

Coordination : voilà un concept clé dans la réflexion et la mise en place des nouvelles mobilités en général et du covoiturage en particulier. Concevoir des solutions innovantes de mobilité et des outils utilisés par les usagers passe par une concertation et un travail avec l’ensemble des acteurs impliqués, qu’ils soient institutionnels, économiques ou associatifs. Si certaines initiatives peinent à décoller, c’est parfois en raison de difficultés rencontrées avec des partenaires de nature et de priorités différentes, ainsi que décrit dans l’ouvrage Les transports, la planète et le citoyen. En finir avec la galère, découvrir la mobilité durable de Ludovic Bu, Marc Fontanès et Olivier Razemon.

Aussi les collectivités territoriales se saisissent de cette question et cherchent à mettre en place des instruments adaptés aux besoins des usagers et aux enjeux liés aux nouvelles mobilités. La communauté urbaine Lille Métropole, par exemple, a adopté en avril 2011 son plan de déplacement urbain (PDU), document qui définit les grandes orientations de l’agglomération pour la décennie pour près de 3 millions d’habitants, en intégrant l’aire métropolitaine de Lille. Ce document s’intéresse non seulement au transport, mais plus largement, à la mobilité – la délégation de service public à Keolis d’ailleurs est dite de mobilité et non de transport. A ce titre, elle intègre les nouvelles formes de mobilité telles que le vélo et le covoiturage.

L’accent est mis sur les mouvements pendulaires qui représentent 20 à 25% des trajets quotidiens. Les trajets domicile/travail sont ceux qui sont les plus réguliers et auxquels les collectivités territoriales peuvent apporter un maillage davantage ciblé. Une quinzaine de sites proposent du covoiturage dans la région de Lille (de covoiturage.fr à carpooling.fr en passant par covivo.eu) : l’enjeu est de permettre l’intermodalité et la multimodalité de façon à ce que conducteurs et passagers coordonnent leurs déplacements jusqu’au dernier kilomètre. Cela passe par la mise en place de plateformes de mobilité, à l’image de Transpole, fournissant une information exhaustive sur les diverses solutions de mobilité qui s’offrent à l’usager. Le site, simple d’accès et d’utilisation, croise des informations relatives aux transports en commun (train, métro, tram, bus) ainsi qu’au vélo, au covoiturage et à l’autopartage. Le covoiturage s’y intègre bien compte tenu de la taille de l’aire urbaine et peut constituer un mode de transport en complément du train ou du vélo. Cet effort de coordination, complexe, est indispensable alors que l’époque du tout voiture est révolue, et les collectivités l’ont bien compris.

Transports du futur et mobilité 2.0

Focus sur un blog riche en réflexions sur les mobilités et les transports du futur, dont l’auteur est Gabriel Plassat, ingénieur à l’ADEME. Transports du futur propose en effet une veille et des analyses sur la thématique des nouvelles mobilités (innovations produits, conférences…) et un livre éponyme est disponible en ligne. L’un des points à retenir de l’analyse de Gabriel Passat est le passage qui se fera entre la possession d’un objet automobile constitué de métal et de plastique, au recours à un service de mobilité. L’une des évolutions essentielles, en cours et à venir, est donc la remise en question de la propriété individuelle d’un moyen de déplacement.

L’auteur voit les solutions d’autopartage (du vélib’ à l’autolib’), de covoiturage dynamique et d’autostop sécurisé comme « de nombreux signaux faibles » et des « briques unitaires qui permettront, à terme, de franchir le pas vers le service ». L’offre de ce type de services ne représentant en réalité qu’une part très minoritaire d’usagers, l’achat d’un véhicule individuel reste la norme pour encore un certain temps. Toutefois des technologies – Personal Transport Assistant de Cisco, Instant Mobility de Thales – se développent, laissant entrevoir une concurrence à l’avenir entre les fabricants d’objets de mobilité et les pourvoyeurs d’informations en temps réel (comme l’état du réseau et la disponibilité de véhicules en partage).

Un apprentissage individuel et social est nécessaire afin que cette mobilité 2.0 soit accessible, comprise mais également compatible avec le respect de la vie privée – ce qui n’est pas sans poser un défi à la Commission nationale de l’informatique et et des libertés, CNIL, en France. A l’image de l’accès de tous aux véhicules dits propres ou aux transports en commun, la question est de savoir comment ne pas restreindre la mobilité 2.0 à un public averti, comment ne pas élargir la fracture sociale à la fracture numérique. Bien des compromis sont demandés au citoyen usager de solutions de mobilité tous les jours, et davantage d’ajustements lui seront demandés dans le futur. Possible, au vu du succès du dernier salon de l’automobile de Genève où l’accent était mis sur de petits véhicules à faibles émissions et l’omniprésence des technologies de l’information.