Tour d’horizon des services de covoiturage régionaux

Classique
De nombreuses régions ont déjà mis en place ce type de service. Ils se concentrent sur les trajets pendulaires type domicile-travail. Des applications pour smartphones sont disponibles. Elles servent à se géolocaliser et à trouver des covoitureurs près de soi. On approche du covoiturage dynamique mais on ne peut toujours pas prendre un covoiturage en cours de route et en direct, les trajets se réservent à l’avance.
Exemples : Mobigo-bourgogne, Covoiturage.poitou-charentes, Covoiturage-regionpaca

Longues distances
Covoiturage-basse-normandie, en plus des trajets quotidiens, permet de prévoir des trajets plus exceptionnels, sur de plus longues distances en dehors de la région. De plus, le site propose une garantie retour, au cas où le conducteur qui vous a emmené ne puisse pas vous ramener. Attention, tout de même, puisque cette garantie n’est utilisable que trois fois par an et dans un rayon de trente kilomètres autour de votre domicile.

Le covoiturage dynamique
Cette option est plus difficile à mettre en place mais plus pratique pour les usagers. Elle repose sur l’utilisation de technologies de géolocalisation. Le covoiturage dynamique permet de synchroniser en temps réel la demande et l’offre en matière de covoiturage. On s’organise sur le moment en fonction de sa position et de celle des autres covoitureurs. Le covoiturage dynamique évite aussi l’échange d’argent entre les usagers en incluant un système de paiement en ligne.
Les exemples sont peu nombreux : Ecovoiturage.itinisere, Covoiturage-dynamique.eu

Associations à vocation sociale, ruralité et covoiturage

Lorsque l’on vit en zone rurale, peu maillée par les transports publics, la question des déplacements se pose de façon encore plus aiguë que pour le citadin. La voiture est le mode de transport le plus répandu et adapté à ce contexte, toutefois des solutions de covoiturage existent (CovivoGreen MonkeysVoiture&Co), et, moins connues, des innovations sont à remarquer du côté du monde associatif. Ces associations à vocation sociale ont fait le constat que faciliter la mobilité ne se limite pas au passage du permis de conduire et à la connaissance des plans de bus. Les personnes exclues socialement et professionnellement rencontrent en effet des obstacles d’ordre davantage social et psychologique.

Aussi ces associations mènent-elles depuis plusieurs années une réflexion sur la mobilité en territoire péri-urbain et rural en la liant aux questions du logement (faible revenu, logement excentré) ainsi que de l’emploi et du dynamisme économique (organisation des transports des salariés jusqu’à leur entreprise, développement, attractivité, organisation des territoires). L’intermodalité et la multimodalité sont nécessaires pour pouvoir se déplacer d’une ville à l’autre, d’un lieu-dit à un autre, et ce jusqu’au “dernier kilomètre”. Ces déplacements sont rendus possibles grâce aux évolutions des technologies de l’information et de la communication, permettant compilant les données. Par exemple, dans le Var, l’intermodalité entre transport public-covoiturage mise en place en 2006 est un succès.

Pierre Jacquet, Directeur d’Actions pour la Mobilité vers l’Emploi (AME) explique que des structures implantée au sein de la Provence verte (Var), d’Apt (Zapt, Vaucluse) et de l’Ubaye (Alpes de Haute Provence) utilisent la base de données commune TrajécoCe savoir-faire intéresse de près les collectivités territoriales dans la mesure où il est transposable à un échelon plus large que celui de l’association. Le site Trajéco en lui-même permet non seulement de covoiturer mais de faire savoir aux communes, pays, communauté de communes ou départements qu’il est possible de développer les infrastructures correspondant à leurs besoins. Ainsi AME peut être un relais et un instrument de coordination pour les outils en gestation. Les collectivités territoriales peuvent revoir à long terme l’aménagement de l’espace en prenant en compte une place moindre de la voiture.

Voilà comment le covoiturage peut fonctionner à condition de lever un frein social, celui de partager sa voiture vue comme espace de liberté. L’enjeu est désormais de séparer la propriété de l’usage du véhicule, sans raisonner en termes de catégories de public (en insertion ou non). Les actions de mutualisation engagées par les pouvoirs publics et les associations s’adressent à tous, répondant à des problématiques transversales :

> des opportunités de mobilité pour les personnes qui n’ont pas accès à l’automobile (jeunes, personnes âgées ou handicapées, personnes aux revenus modestes) ;

> des réductions substantielles, de l’ordre de 30 %, des consommations d’énergie et des émissions de CO2 des automobiles sur les trajets périurbains de proximité ;

> une meilleure résistance des territoires aux risques de crises et de hausses brutales du prix de l’énergie qui pourraient surgir à moyen terme.

Covoiturage, freins et opportunités : le cas d’E.covoiturage en Isère

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Le covoiturage est une solution de déplacement peu utilisée en dépit de contraintes croissantes liées à l’utilisation de la voiture, notamment la pollution atmosphérique, les embouteillages et les prix de l’essence en augmentation. Covoiturer peut toutefois devenir un réflexe régulier, voire journalier, entre domicile et bureau : au sein des bassins d’emploi de taille importante, de nombreuses opportunités existent de partager le véhicule avec un collègue ou un voisin, pour le bénéfice de chacun. Cela peut-être une alternative valable aux transports en commun : Andrea, ingénieur dans la microélectronique âgé de 25 ans, raconte comment il a pris le bus pendant des années pour se rendre au lycée et à l’université, de sorte qu’aujourd’hui il ne veut pas renoncer à l’emploi de sa voiture, synonyme de liberté. La solution de covoiturage domicile-travail lui semble en revanche séduisante dans la mesure où elle lui permet de concilier convivialité, flexibilité et liberté.

Par ailleurs, alors que les moyens technologiques actuels de géolocalisation ont gagné en précision et les smartphones deviennent des objets du quotidien, certains outils innovants permettent de se déclarer en temps réel passager et conducteur via son téléphone : on appelle cela le covoiturage dynamique. C’est ainsi que Covivo met son expertise au service des usagers du covoiturage à travers un système appelé Covisoft coordonnant la demande et l’offre de place dans un véhicule. Plusieurs expérimentations ont été réalisées sur le territoire national en partenariat avec les collectivités territoriales, notamment dans le Vercors avec le Conseil général de l’Isère dont les enseignements ont montré la nécessité de mettre en place un tel dispositif en zone rurale et de cultiver son acceptabilité sociale ; une nouvelle expérience a débuté lundi 2 avril.

Cette expérience est menée entre Crolles et Grenoble d’une part et Lyon et Bourgoin-Jalieu d’autre part dans l’optique d »associer conducteurs et passagers d’un bassin d’emploi (et bassin de déplacements). Une fois l’inscription réalisée sur le site d’E.covoiturage, il est possible de connaître en temps réel les possibilités de covoiturage avec un système d’identifiant pour le conducteur comme le passager et un paiement en ligne. Outre la sécurité et la transparence du dispositif, l’accent est mis sur la communication : une page Facebook permet d’avoir des informations régulières sur le service, comme les permanences locales. Covoiturer sur deux axes de circulation congestionnés matin et soir devient alors une alternative à la voiture individuelle ou aux transports en commun lorsque l’on a des horaires flexibles et une exigence de liberté comme Andrea, avec une valeur ajoutée certaine : celle d’économie de temps et d’énergie au profit d’une nouvelle convivialité. Ou comment un frein devient une opportunité.

Trois bonnes raisons de covoiturer

 

Raisons éthiques

  1. La Terre vous remerciera

    L’éco-responsabilité est l’un des points les plus importants du covoiturage. En partageant une voiture, les émissions de CO2 sont minimisées.

  2. Vous ferez des économies

    En mars 2012, une station parisienne affichait un prix de 2,02 euros le litre d’essence. Diviser le prix du carburant par le nombre de passagers représente une économie considérable. Sur de longs trajets, comme sur les courtes distances du quotidien, le covoiturage est un moyen de contourner cet obstacle.

  3. Vous gagnerez du temps

    Moins de voitures en circulation, c’est moins de bouchons. Aux États-Unis et dans certaines villes d’Europe comme Amsterdam et Madrid, il existe des voies de circulation réservées aux véhicules « à occupation multiple ». Moins empruntées, elles permettent d’éviter les embouteillages.

 

Trois autres (bonnes) raisons :

  1. A moins que vous soyez antisocial, le covoiturage est une bonne manière de rencontrer de nouvelles personnes, des voisins, des collègues…
  2. Vous avez un DJ sur votre siège passager.
  3. Vous aurez enfin une bonne raison pour ne pas partir tard du bureau : « Je dois déposer mes covoitureurs. »

Aux Etats-Unis, le covoiturage, c’est Zimride

 

Le nom Zimride est inconnu en France. Pourtant, aux Etats-Unis, l’application fait un carton depuis son lancement il y a quatre ans. Le concept est simple : vous entrer dans l’application le lieu où vous vous trouvez, celui où vous allez et elle trouve des utilisateurs en voiture qui passent sur votre chemin. Sur les courtes, comme sur les longues distances, les places libres sont dénichables en direct. Avec Zimride, il n’y a pas de rendez-vous fixés, seulement des heureux hasards. Et l’entreprise à pensé à tout. Une option « lignes régulières » avec des départs à horaires fixes vient même faire de l’ombre aux transports en commun.

Le concept n’est pas disponible en France. On peut penser qu’il provoquerait l’ire des chauffeurs de taxis qui s’insurgent déjà contre les Vélib’, Autolib’ et autres mototaxis. Ce genre de « taxis pirates » serait une concurrence difficile à surpasser.