Entreprise et covoiturage

Le 4 avril dernier, le Monde publiait un article intitulé « Ces entreprises qui soutiennent le covoiturage ». Covoiturage.pro, ecolutis, comuto (par covoiturage.fr)… Les sites spécialisés dans le covoiturage professionnel fleurissent sur la toile. Ils ont su trouver leur public, alors pourquoi les entreprises ne proposent-elles pas le service en interne ?

Si les particuliers sont déjà nombreux à le pratiquer, le covoiturage peine à séduire les comités d’entreprise. La principale réticence des employés quant à l’utilisation de ce mode de transport pour leurs voyages pendulaires vient du manque d’autonomie. Avec sa propre voiture, on part quand on veut et on rentre quand on veut. Et puis on est pas tous voisins avec ses collègues.
Pour ceux qui sont réglés comme des horloges, reste encore l’angoisse du « Est-ce que je vais pouvoir rentrer chez moi ? ». Le matin, pas de soucis, tout le monde arrive à peu près en même temps. Mais ça file en douce à partir de 15h30 en « fin » de journée et le risque de se retrouver tout seul sur le parking grandit de minute en minute. Green Monkeys, site de covoiturage dynamique, rassure les victimes potentielles en leur payant le taxi.
Malgré toutes ces difficultés insurmontables, certaines structures parviennent à lancer le mouvement. Les salariés de Pôle Emploi en région PACA, sont ainsi encouragés à organiser leurs déplacements professionnels à plusieurs avec Green Monkeys et les voitures de leur employeur.  Le système devrait permettre à Pôle Emploi PACA d’économiser 540 000 euros par an. On a pensé aussi aux trajets domicile – lieu de travail mais cette fois-ci c’est payant pour les usagers puisque ce sont les véhicules personnels des employés qui sont utilisés. Le conducteur, lui, gagne 0,15 euros par kilomètre et par passager.

Tour d’horizon des services de covoiturage régionaux

Classique
De nombreuses régions ont déjà mis en place ce type de service. Ils se concentrent sur les trajets pendulaires type domicile-travail. Des applications pour smartphones sont disponibles. Elles servent à se géolocaliser et à trouver des covoitureurs près de soi. On approche du covoiturage dynamique mais on ne peut toujours pas prendre un covoiturage en cours de route et en direct, les trajets se réservent à l’avance.
Exemples : Mobigo-bourgogne, Covoiturage.poitou-charentes, Covoiturage-regionpaca

Longues distances
Covoiturage-basse-normandie, en plus des trajets quotidiens, permet de prévoir des trajets plus exceptionnels, sur de plus longues distances en dehors de la région. De plus, le site propose une garantie retour, au cas où le conducteur qui vous a emmené ne puisse pas vous ramener. Attention, tout de même, puisque cette garantie n’est utilisable que trois fois par an et dans un rayon de trente kilomètres autour de votre domicile.

Le covoiturage dynamique
Cette option est plus difficile à mettre en place mais plus pratique pour les usagers. Elle repose sur l’utilisation de technologies de géolocalisation. Le covoiturage dynamique permet de synchroniser en temps réel la demande et l’offre en matière de covoiturage. On s’organise sur le moment en fonction de sa position et de celle des autres covoitureurs. Le covoiturage dynamique évite aussi l’échange d’argent entre les usagers en incluant un système de paiement en ligne.
Les exemples sont peu nombreux : Ecovoiturage.itinisere, Covoiturage-dynamique.eu

Semaine du développement durable : 10ème édition ; covoiturage.fr contre la déforestation

A l’occasion de la semaine du développement durable, du 1er au 7 avril, le site covoiturage.fr rappelle son engagement pour la cause environnementale.

Depuis sa création en 2004, le site défend son caractère écologique en évitant des rejets importants de gaz à effet de serre. Ils estiment l’économie à 200 000 tonne de CO2. L’année dernière, covoiturage.fr s’était lancé dans la préservation des arbres en soutenant Pur Projet, une organisation qui lutte contre la déforestation et le réchauffement climatique. 15 millions de m² de forêt devraient ainsi être préservés. Le site comptait alors 1,5 million de membres, ce qui revenait donc à 10m² de forêt pour chaque inscrit.
Cette semaine, l’action est relancée et mise en avant :
« A l’occasion de la Semaine du développement durable 2012, nous allons plus loin en préservant 10m² pour chaque nouvel inscrit pendant la semaine du Développement durable.
Nous avons choisi de préserver une forêt au Pérou car la déforestation a été qualifiée d’alarmante dans cette partie du monde. Et si nous n’agissons pas contre la déforestation, il n’y aura plus de forêt tropicale d’ici 2040 ! De plus, les enjeux de la lutte contre la déforestation au Pérou sont multiples :
– Lutte contre le réchauffement climatique et stockage de carbone
– Protection de la biodiversité, des ressources naturelles, et notamment des ressources en eau douce
– Souveraineté alimentaire, c’est-à-dire le droit des peuples à disposer d’une alimentation saine et locale
– Préservation de l’identité culturelle des peuples de la forêt. »


Plus d’informations sur covoiturage.fr et sur le site de Pur Projet

Covoiturage.fr version payante, Le point quelques mois après son lancement

 

La nouvelle avait fait réagir nombre de ses utilisateurs. En 2011, le site Covoiturage.fr sortait une nouvelle version. La première, simple, mettait en relation conducteurs et passagers, le paiement s’effectuant entre les usagers du service, au moment du covoiturage. Dans sa nouvelle version, les passagers doivent payer leur voyage directement sur le site. Le système éviterait les désistements de dernière minute mais permet surtout au site de prendre une marge au passage.

Cette évolution a suscité de vives réactions, pour la plupart négative. Le covoiturage, pour ses adeptes, c’est l’écologie, la convivialité mais surtout l’entraide. On a pu lire des commentaires d’utilisateurs déçus, comme Marie-Cécile qui souligne que « demander aux covoitureurs de faire un don me paraît rester plus dans l’esprit de covoiturage que de faire payer le site! ». Pour conserver cet esprit de partage, un site concurrent, entièrement gratuit à été lancé : covoiturage-libre.fr. Plus de 16 000 annonces ont déjà été mises en ligne sur le site qui fonctionne grâce aux bénévoles et aux dons des internautes.

Le covoiturage a-t-il de l’avenir ?

Le compte rendu de l’étude « Ridesharing in North America : Past, Present and Future (2010)” présente quatre clés de développement qui vont affecter la pratique du covoiturage dans un futur proche. Ces clés sont :

  • Les partenariats entre les entreprises de covoiturage, les régions et les gros employeurs
  • Les aides financières accordées aux initiatives éco-responsables
  • Les réseaux sociaux qui ciblent les jeunes
  • Les services de covoiturage dynamique (en temps réel)

« A Look to the Future »

Tandis que de plus en plus d’études montrent que la voiture n’est pas une solution d’avenir pour nos trajets quotidien travail-maison, nous devons trouver des alternatives à ce mode de transport. Et le problème des embouteillages est loin d’être réglé. Le fait est qu’il n’y a pas de remède miracle pour améliorer notre façon de nous déplacer quotidiennement. Le mieux est de chercher dans plusieurs directions, d’élargir notre champ de possibilités.

Longtemps, le covoiturage a été envisagé comme l’une de ces solutions. Les sièges vides tous les jours dans nos voitures sont « la ressource la plus importante de tout le pays en matière de transport », comme le décrit Randy Rentschler de la Bay Metropolitan Transportation Commission. Encourager le covoiturage est, après tout, un moyen facile et économique d’aider à réduire l’engorgement des voies de circulation ainsi que les émissions de gaz à effets de serre. Poursuivre les efforts dans la politique publique et le développement d’associations (qui ont pour but de rapprocher les covoitureurs au sein des entreprises) entretiendra l’enthousiasme pour le covoiturage.
Les modes de vies, les emplois, les trajets, les habitudes et même les mentalités changent. Le covoiturage, loin d’être mort, est une option toujours présente en cas de besoin.