Agenda : le devenir des mobilités vu par les étudiants (16/3, Rennes)

Merci à Transports du Futur, toujours bien renseigné, pour l’info 😉

Novincie organise sa prochaine conférence sur le thème « Les devenirs des mobilités : regards croisés d’étudiants ! » le mercredi 16 mars de 8h30 à 10h à l’hôtel de Rennes Métropole.

Les évolutions de nos besoins en déplacement, les changements de nos modes de vie, l’acceptabilité des nouvelles solutions de mobilité, la prise en compte des contraintes environnementales et énergétiques, la poussée de la demande de voitures des pays émergents, les stratégies des constructeurs et opérateurs de mobilité….sont autant de facteurs qui expliquent l’émergence d’un nouveau standard de mobilité.

Parce qu’il est important de confronter la prospective aux réalités de terrain, nous avons mobilisé plus d’une centaine d’étudiants appartenant à plusieurs Masters 2 des Universités de Rennes 1 et Rennes 2 (gestionnaires, ingénieurs, politistes, psychologues…) pour réfléchir à des solutions susceptibles d’améliorer la mobilité des usagers sur le territoire de Rennes Métropole.

Engagés dans une démarche pédagogique leur donnant l’occasion de conduire des réflexions pluridisciplinaires, les étudiants vous invitent à partager leur compréhension des évolutions de l’usage de l’automobile, et les dynamiques qui conduisent à de nouvelles formes de mobilité. En présence de Daniel Delaveau, Président de Rennes Métropole, ils mettront en débat quelques pistes de solutions susceptibles d’améliorer les mobilités dans le quotidien des usagers.

Pour clore cette rencontre, il vous sera présenté plusieurs chantiers qui se poursuivront dans les prochains mois traitant d’aspects plus spécifiques de la mobilité.

Télécharger le coupon-réponse « Les devenirs des mobilités : regards croisés d’étudiants ! »

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Contre l’essence chère, le covoiturage !

Voici une activité que l’on peut qualifier de contra-cyclique pour les amateurs d’économie ! Quand tout va mal ailleurs, le covoiturage est là pour reprendre le flambeau ! Expliquons-nous, mais ce billet aura pour nos fidèles un air de déjà-vu, rappelez vous, nous avions déjà préconisé ce mode de transport alternatif lors des grèves dans les raffineries de Total ou lors des mouvements sociaux liés aux retraites à l’automne dernier.

Dans les deux cas, des événements externes ont mis sous pression les prix à la pompe, avec pour résultat un regain d’intérêt de la part des Français pour des modes de transports capables de sauvegarder une partie de leurs économies… et l’on sait que ça marche puisqu’une expérience grandeur nature sur un an du côté de Nantes avait montré que les 3 covoiturants participants avaient économisé chacun près de 1 700 euros annuels sur les frais d’entretien et de carburant pour la voiture ! Nous ne sommes pas sur de la micro-gestion, mais bien sur des effets à grande échelle.

 

Cette fois-ci vous vous en doutez, ce sont les révolutions des pays du Maghreb et d’Afrique du Nord qui sont à l’origine de ce regain d’intérêt pour la thématique du covoiturage. La Libye, qui joue la carte du pétrole pour influencer la communauté international, a au moins ce mérite de nous faire réfléchir, quoique dans l’urgence, aux solutions alternatives pour se déplacer. Plusieurs initiatives et nouvelles témoignent de ce « rebond technique », d’autant que celui-ci pourrait se prolonger (Le Parisien évoque un passage possible de 1,50€ à 2€ le litre de super !) :

  • Dans les Pyrénées, le budget de ce couple atteint les 400€ mensuels (80km quotidiens pour le déplacement domicile-travail), et les professionnels commencent eux aussi à se faire du mourron (à ce propos, de nouveaux services de covoiturage pour colis et paquet se mettent en place !).
  • Dans le Centre, les sites de covoiturage enregistrent des progressions, avec des demandes de plus en plus nombreuses sur les trajets réguliers domicile-travail également, signe que la pratique a vocation à être pérennisée.
  • Et jusqu’au Québec où les techniques sont à peu près les mêmes : réduction de la vitesse, utilisation de la voiture 1 jour sur 2 en pratiquant le covoiturage avec ses voisins

Nous ne pouvons que vous encourager à rechercher ces nouvelles mobilités dites durables, d’autant qu’avec le covoiturage, vous n’avez vraiment pas besoin d’investir si ce n’est de synchroniser vos agendas et vos parcours avec vos proches, amis, collègues, voisins… et si même cet effort vous rebute, sachez que le covoiturage dynamique, qui s’appuie à la fois sur les connexions 3G et le GPS, vous permet de vous débarrasser de tout « l’administratif » ou presque pour optimiser vos déplacements.

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Fini la « voiture couteau suisse », place à une mobilité de services !

Voici un intéressant article publié par Green Univers, qui recoupe dans ses thématiques la conversation que nous avions eu avec Max Lambert, directeur du service des nouvelles mobilités au Conseil Général de l’Isère, et une synthèse de l’étude sur les « nouvelles mobilités » du Centre d’Analyse Stratégique.

Mobilite du futur 300x199 Fini la voiture couteau suisse, place à une mobilité de services !C’est une transformation profonde, voire un tsunami pour certains, qui va bouleverser les fondations et les règles du jeu de la mobilité. Le monde d’aujourd’hui serait en train de dire au revoir à la « voiture couteau suisse », selon l’expression du sociologue Bruno Marzloff, directeur du cabinet d’études Chronos, présent à la conférence annuelle de l’Observatoire du véhicule d’entreprise (OVE), ce matin à Paris. Alors que le salon de l’automobile de Genève ouvre ses portes demain, le modèle économique et sociétal de la voiture serait remis en cause par un modèle de services de mobilité, plus adaptés aux besoins des usagers.

Attention, le véhicule en tant que produit, qu’il soit thermique ou électrique, n’a pas vocation à disparaître. Mais il va de plus en plus dépendre des services de mobilité durable qui lui seront associés. La « voiture couteau suisse » capable de tout faire, du déplacement à la supérette du coin en passant par le voyage en famille à l’autre bout du pays, est peut-être un modèle révolu.

La mobilité automobile plafonne en France

« Si la mobilité dans son ensemble a structurellement augmenté en France de 1995 à 2009, argumente Eric Champarnaud, directeur associé au BIPE, également présent à la conférence de l’OVE, la mobilité automobile à cesser de croître depuis le début des années 2000 ». Les transports collectifs urbains (métro, bus, tramway) et inter-urbains (trains…) sont devenus les moteurs de la mobilité. Même si l’automobile représente encore 80% des transports, son hégémonie est contestée depuis plusieurs années.

La tendance devrait encore s’accentuer. Il va en effet devenir nécessaire de trouver des solutions nouvelles et durables pour maintenir une fluidité des transports face aux besoins croissants de déplacements dans les pôles urbains, qui sont souvent congestionnés. « Les évolutions se feront sous un jeu de contraintes », explique Bruno Marzloff.

Un changement de modèle économique

L’une des solutions passe par l’arrivée de nouvelles formes de véhicules (véhicules électriques, quadricycles lourds, tricycles et deux roues électriques…) et l’émergence de nouvelles formes de partage (location, covoiturage, autopartage privé et public, autopartage entre particuliers…). L’ensemble de l’écosystème est ainsi en train de bouger, en partie au détriment des constructeurs automobiles traditionnels.

« Nous sommes face à une première en matière de changement de modèle économique. Il faut s’attendre à une profonde refonte de solutions que l’on croyait gravées dans le marbre », note Pierre-Alain Mammet, associate partner chez IBM. Cette révolution semble semble peu à peu intégrée par les constructeurs, qui auraient pris conscience de la nécessité de se transformer.

Des succès à venir, des échecs et des incertitudes

Le fait qu’un constructeur comme Citröen ait lancé récemment un nouveau service de mobilité multimodale, baptisé Multicity, en est une illustration. L’offre se présente sous la forme d’un portail Internet capable de calculer plusieurs offres de transport de porte à porte, et de comparer leurs prix, leurs rejets en CO2 et leur durée, puis de réserver par exemple train ou/et une voiture Citroën, une fois le choix des transports effectué.

D’une manière générale, la naissance d’une multitude de services de mobilité est aujourd’hui comparée à la vague de créations de start-up Internet au début des années 2000, note Pierre-Alain Mamment. Une façon de souligner que parmi l’ensemble des nouvelles offres de mobilité, il y aura des échecs et quelques success-stories.

L’intégration optimisée de tous ces nouveaux services de mobilité sera enfin un challenge important. Comment organiser les différent services de transports dans un système d’information cohérent ? Comment organiser une facturation simple des services et des consommations de carburant électrique des véhicules de demain ? Comment gérer un système de forfait autour d’une mobilité multimodale… « C’est un vaste chantier, précise Pierre-Alain Mamment. Plus le marché avancera vers ce modèle, plus la pertinence d’un système de gestion se fera sentir. »

Le covoiturage, solution à expérimenter pour … maitriser les dépenses départementales

Un nouveau très bon article des Transports du Futur !

 

Le rapport réalisé en avril 2010 par Monsieur Pierre JAMET traite des finances des départements. Il donne des exemples d’initiatives et d’expérimentations à lancer. Ainsi « En matière de transport, ouvrir l’expérimentation à une organisation et à une participation financière au covoiturage en lieu et place de certains transports par cars, plus ou moins vides, aux horaires limités pour des raisons de coût. Il ne s’agit pas de systématiser, mais d’offrir la possibilité de faire quelques expériences. La protection de l’environnement, les finances politiques et les relations sociales y trouveraient avantage. »

 

La piste du covoiturage est également reprise dans la conclusion avec de nombreuses propositions concrètes :

 

« Si le développement de l’offre de transport collectif et son encadrement normatif (notamment en matière de sécurité) vont incontestablement dans le sens du développement durable, les coûts induits pour les départements sont élevés.

La technique du covoiturage, qui se développe de façon spontanée, mériterait d’être fortement encouragée et organisée dans la mesure où elle présente les avantages majeurs suivants :

– l’acte d’accepter de renoncer à sa propre voiture pour se déplacer dans la voiture d’un tiers constitue un premier pas important vers le passage au transport collectif. Il s’agit sur le plan sociologique d’une étape intéressante vers le réflexe de report modal,

 

– pour les « covoitureurs », la participation aux frais par les « covoiturés » représente une atténuation de charges, sans pour autant constituer un revenu. Dans le contexte de stagnation du pouvoir d’achat, cette atténuation de la charge automobile, notamment en milieu rural, peut s’avérer fort appréciable,

– pour les deniers publics, le système est transparent et ne coûte pratiquement rien. Toute substitution par du covoiturage organisé de la desserte en milieu rural ou en heures creuses peut générer d’importantes économies en matière de transports à la demande ou de transports réguliers à faible fréquentation,

– en matière de transport scolaire dans les zones isolées, des économies substantielles et rapides sont possibles.

Le covoiturage pourrait prendre un essor rapide avec les mesures proposées suivantes :

conférer aux Départements le rôle d’autorité organisatrice du covoiturage hors périmètre de transports urbains (ou aux Régions si à l’avenir le transport inter urbain devient une compétence exclusive régionale),

 

– reconnaître le covoiturage comme un élément constitutif des plans de transports départementaux, au même titre que le transport à la demande,

– mettre en place un dispositif d’agrément par les Départements des « covoitureurs » avec délivrance d’une carte d’agrément,

– mettre en place en lien avec les compagnies d’assurance une garantie responsabilité particulière complémentaire, prise en charge globalement par les Départements dans le cadre de l’agrément,

– considérer que la participation aux frais des « covoiturés », dès lors qu’elle est globalement inférieure à 120% des frais de carburant (pour tenir compte des frais d’entretien) ne constitue pas un revenu soumis à cotisations sociales, taxes ou impôts,

– identifier les véhicules des covoitureurs agréés par un logotype,

– permettre aux covoitureurs de prendre en charge des covoiturés aux arrêts de transports des lignes régulières d’autocars,

– permettre une participation aux frais du covoituré sous forme d’un titre de transport du réseau collectif,

– permettre l’organisation d’un covoiturage pour les transports scolaires en zone rurale peu dense, avec un dispositif d’agrément renforcé et la possibilité pour les familles bénéficiaires d’AIT (Allocation individuelle de transports) de reverser cette AIT au particulier effectuant le covoiturage scolaire organisé sans que ce versement ne soit considéré comme un revenu taxable ou soumis à cotisation sociale. »

Une expérimentation grandeur nature d’é-covoiturage

Le covoiturage dynamique est un concept de mobilité innovant, qui associe à des technologies (géolocalisation et internet mobile, notamment) un mode de transport à mi-chemin entre le transport en commun et le transport individuel. Les acteurs sur ce segment très particulier sont encore peu nombreux, et les données « en train de se faire ». Le conseil général de l’Isère et son service des nouvelles mobilités, dirigé par Max Lambert, a choisi la start-up alsacienne Covivo pour mener une expérimentation grandeur nature de é-covoiturage sur le Plateau du Vercors. Voici le compte-rendu de mon entretien avec Max Lambert.

Partons du contexte de cette expérimentation : pourquoi a t-elle eu lieu ici, en Isère ?

Le département est à la pointe en termes de création de services pour répondre aux demande de mobilité des administrés. L’Isère est le département qui dépense le plus dans les transports, avec un budget de 150 millions d’euros par an, ce qui en fait le second poste d’un budget totalisant 1,3 milliards d’euros. Les transports en commun tels qu’on les connaît encore montrent leurs limites : leur modèle économique est basé sur 85% de finances publiques alors que certaines lignes de bus roulent souvent à vide ou presque. Il fallait donc trouver autre chose, quelque part entre les transports en commun et le transport individuel. Pour le reste, les entreprises de la région restent dans des offres plus traditionnelles, même si on peut noter la présence d’InnoValley (qui propose une solution de covoiturage anticipé de dernière minute sur iPhone, mais sans se servir de la géolocalisation).

Quel est le principe de cette expérimentation ?

Le covoiturage traditionnel a du mal à décoller. Le principal frein identifié par des études c’est la « garantie de retour » : il est déjà compliqué de trouver des personnes partant du même endroit au même moment, alors exiger ceci sur un aller-retour est presque impossible. Mais si on inverse le problème et que l’on « supprime » ce postulat de départ, on peut essayer de travailler sur des trajets « one-way », grâce au covoiturage dynamique, et en surfant sur la popularité des applications liées à la géolocalisation. C’est dans ce cadre que Covivo a été retenu après un appel d’offres (en compétition avec deux autres concurrents).

Quel apport de Covivo dans ce projet ?

Le produit correspondait globalement à notre demande, mais c’est surtout la souplesse et la motivation inhérentes aux start-up qui a beaucoup jouer dans l’implication de Covivo dans le projet. Ils ont été à fond dans l’expérimentation, de notre côté nous leur offrions une très belle plateforme pour un essai grandeur nature.

Covisoft, le logiciel de Covivo, a t-il évolué pendant ou après l’expérimentation ?

Tout à fait. Il y a eu plusieurs modifications de l’application en cours de route. Une première fois dès l’été 2010, quand nous avions pu tester en interne avec quelques membres de notre équipe en bêta-test l’équipement fourni. Et une seconde fois en cours d’expérimentation, principalement sur des bugs mineurs et des aspects ergonomiques.

Parlons des volumes et des résultats de cette expérimentation (dont le rapport final devrait être disponible fin janvier) ?

Le territoire ciblé était le plateau du Vercors, sur 2 routes d’accès qui disposaient d’un réseau de transport efficace, afin de voir comment une alternative de type covoiturage dynamique pouvait être adoptée. Sur les 10 000 habitants de la zone, 1 000 se sont dits très intéressés et au final 500 se sont inscrits pour le programme (dont 100 « passagers purs » et 400 autres à profil plutôt conducteur). Le problème que nous avons rencontré très tôt, c’était le peu de pénétration des smartphones dans cette population. Nous partions avec une estimation de 20% de personnes équipées, or seul 1% en possédait un. Il a donc fallu acquérir une centaine de smartphones, sans quoi ce « facteur limitant principal » risquait de rendre l’expérimentation non pertinente. Sur ce corpus de 105 utilisateurs, donc, nous avons atteint 80% d’utilisation systématique, et de 10 à 30 mises en relations quotidiennes, ce qui est à la fois faible en volume mais intéressant pour la suite (une autre expérimentation est en gestation).

Quel a été le mode de financement de cette expérience ?

Le Conseil Général a financé 100% du dispositif. Nous avons beaucoup investi en communication « initiale », en nous rendant sur les marchés, dans les foires, dans les entreprises (toutes celles avec un PDE ont été visitées), les cantines… Nous avions prévu cela, en revanche nous avons sous-estimé les moyens qu’il fallait pour animer le dispositif une fois celui ci installé et expliqué aux testeur : une vacataire a été embauchée pour coacher, répondre aux questions sur une hotline dédiée, relancer les utilisateurs qui « oubliaient » l’expérimentation, etc.

Pour plus d’infos, voir le site Itinisère et sa rubrique dédiée à l’expérimentation !

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