L’expérimentation Ecovoiturage en Isère : 3 mois après

Retour sur le déploiement, le 2 avril dernier, du service Écovoiturage en Isère sur les axes Crolles/Grenoble et Bourgoin-Jallieu/Lyon. Basée sur l’utilisation de smartphones et d’Internet avec la technologie Covivo, cette expérimentation de covoiturage en temps réel fait suite à une première expérience dans le Vercors. Yvan Martinod, chef de projet Écovoiturage au Conseil général de l’Isère dresse un premier point d’étape après 3 mois d’activité.

Quelques mois de promotion du covoiturage dynamique pèsent certes peu par rapport à plusieurs décennies de prépondérance  de la voiture individuelle et de la culture de liberté qui y est associée. Les modèles sociaux et culturels imprègnent fortement le rapport à l’automobile et aux déplacements, pourtant, au niveau local, certaines pratiques évoluent dès lors que l’innovation proposée correspond à un réel besoin. C’est le cas de l’Écovoiturage : les freins sociaux sont nombreux qui apparentent le covoiturage au stop et qui l’assimilent à une contrainte. Finir tard le soir, travailler avec des horaires flexibles, écouter de la musique, récupérer les enfants… autant d’éléments en définitive compatibles avec le covoiturage, surtout s’il est dynamique ! Lire la suite

Le 5 juin, je covoiture pour aller au travail

Le challenge mobilité Rhône Alpes 2012 se tient le mardi 5 juin. L’objectif pour sa 2e édition est de valoriser les déplacements domicile/travail par des moyens alternatifs à la voiture. Les collectivités territoriales – communes, communautés de communes ou d’agglomération – s’engagent aux côtés des associations afin de sensibiliser les entreprises et les administrations du territoire rhônalpin et récompenser ceux et celles qui innovent pour les déplacements de leurs salariés.

Vélo, marche à pied, transports en commun, autopartage, covoiturage sans oublier trottinette, skate, rollers et navette fluviale : tous les moyens sont bons pour promouvoir l’ensemble des mobilités alternatives à la voiture individuelle et ainsi initier des comportements vertueux en matière d’environnement et de mobilité. Les employeurs soucieux de l’environnement ont ainsi l’occasion d’organiser le temps d’une journée un défi ludique sur le thème de la mobilité.

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L’alternative Zipcar

Alors que les acteurs et entreprises du covoiturage sont encore peu connus du grand public, Zipcar connaît une notoriété croissante au-delà de nos frontières. L’entreprise américaine est effet leader dans le service d’autopartage et de covoiturage, remportant un succès grandissant aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni et ce, dans une cinquantaine de villes. Que ce soit pour économiser sur le budget transports ou pour éviter des tracas logistiques, la solution Zipcar s’appuie sur les technologies de l’information et de la communication : réservation en ligne ou via un smartphone, carte magnétique permettant l’utilisation des véhicules quelque soit la région du monde. Une simplicité d’utilisation qui répond aux besoins de bien des urbains, à la recherche de solutions flexibles pour éviter l’achat d’une voiture (voire d’une seconde voiture) qui resterait inutilisée les quatre cinquièmes du temps.

Les images qui suivent sont celles que les habitués du Tube ont pu découvrir au début du mois de mai. Cette campagne a animé le métro londonien par ses visuels colorés qui illustrent divers besoins de solutions d’autopartage ou de covoiturage comme déplacer un objet encombrant ou partir en week-end au vert. Posséder son propre véhicule n’est plus un préalable aux déplacements intelligents, disent en substance ces images.

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Nouvelles mobilités et consommation collaborative

Service et infrastructure sont deux notions-clé dans la problématique des nouvelles mobilités et l’on pourrait croire que les solutions innovantes passeraient toutes par un processus de développement de lignes ou de plateformes. Et si l’on pensait collaboration et amélioration de l’existant ? Comme le soulignait dernièrement Christian Proust, Président du Syndicat mixte des transports en commun du Territoire de Belfort, les moyens financiers nécessaires à la création de nouvelles infrastructures correspondant aux besoins futurs  de déplacement dépassent les capacités financières des pouvoirs publics.

Sur le territoire de Belfort, l’option retenue est celle de réfléchir à partir des attentes précises de l’usager, en utilisant des outils statistiques fins permettant une compréhension précise des déplacements – leur quantité, leur fréquence, leur objectif. Cette approche « matrice » implique de revoir la logique de propriété au profit de l’usage, d’où des économies substantielles pour les ménages comme pour l’Etat et les collectivités territoriales.

Ces réflexions sont à replacer au sein des débats sur la consommation collaborative et l’économie du partage où les questions de mobilité partagée ont toute leur place. Dans Vive la corévolution d’Anne-Sophie Novel (à paraître le 23 mai), l’accent est mis sur le passage d’une société de l’accumulation et de la propriété vers un monde du partage et de l’accès. L’idée est notamment de mettre en avant les marges de manoeuvre de l’usager automobile dans un contexte d’appréciation du prix du carburant et de congestionnement accru des axes de circulation.

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« Les nouvelles mobilités dans les territoires périurbains et ruraux »

« Les nouvelles mobilités dans les territoires périurbains et ruraux », c’est le titre du rapport du centre d’analyse stratégique (CAS) paru le mois dernier. Le CAS y poursuit ses précédentes recherches, observations et réflexion sur la mobilité en dehors de la ville.

Plus de la moitié de la population métropolitaine habite en zone périurbaine ou rurale. Or, il y a de moins en moins de services de proximité, de centres commerciaux dans ces zones où les transports collectifs ne peuvent assurer qu’un service limité. Les habitants sont ainsi fortement dépendants de leurs véhicules personnels.

Et le constat, aujourd’hui, est que la voiture n’est pas un système durable :
Trop polluante. Nos émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 20 % depuis 1990 et le nombre de voitures en circulation a doublé ces trente dernières années.
Trop cher. La voiture personnelle à un coût et celui de l’énergie ne cesse d’augmenter.
Trop discriminante. Tout le monde ne peut pas utiliser la voiture, et si elle est indispensable en milieu rural, certaines catégories de la population vivent une forme d’exclusion : les handicapés, les personnes âgées, les enfants, les adolescents et, naturellement, les ménages les plus défavorisés.

L’enjeu est de réussir à trouver une alternative aux véhicules personnels sous la forme d’un service à prix raisonnable et qui soit accessible au plus grand nombre.
Aujourd’hui, les gens sont prêts à partager ou louer leur voiture. C’est vers ce type de solutions que se tourne le rapport du CAS. Les moteurs peu gourmands en énergie ne sont pas encore considérés comme une alternative durable à cause, notamment, de leur prix élevé.

L’étude tire des conclusions et surtout expose cinq recommandations d’évolution des transports :
1 – Aider les communautés de communes et les agglomérations, ainsi que les pôles
d’activité qui le souhaitent (universités, centres commerciaux…), à définir des
stratégies de mobilité adaptées à leur territoire, en partant de la compréhension
locale des flux de déplacements et s’intégrant dans le cadre du schéma
départemental de transport et de ses liaisons avec les pôles urbains voisins.
2- Apporter à l’usager une information en temps réel, afin qu’il puisse organiser ses
déplacements en combinant les transports collectifs et individuels (marche à pied,
deux-roues, voiture personnelle ou partagée).
3- S’appuyer sur l’information numérique pour développer le partage de la voiture et
notamment des solutions de covoiturage sécurisées reposant sur un tiers de
confiance et un suivi géolocalisé du déplacement.
4- Coordonner les services de transport collectif entre eux, avec des rabattements
performants vers des stations de transport collectif (itinéraires cyclables, parkings
de covoiturage), pour une chaîne de transport porte à porte efficace ; affecter à ces
rabattements environ 10 % des dépenses annuelles de voirie.
5- Limiter les distances parcourues par les professionnels des services à la personne
(commerces, santé, loisirs, etc.) en les incitant à coordonner leurs déplacements,
leurs livraisons ou le transport des personnes qui les sollicitent.

Ainsi, nous devons envisager non pas une solution mais un ensemble de mesures qui permettrait de changer à long terme le mode de déplacement des habitants de zones périurbaines et rurales.
Les conclusions du rapport du CAS, optimistes, vont dans ce sens. Covoiturage dynamique, utilisation de nouvelles technologies de la communication, moteurs électriques ou hybrides et surtout initiatives locales sont les acteurs qui compteront le plus dans l’évolution vers une mobilité plus responsable.